NOVEMBRE ’22 PAR GATHER

Chaque jeudi Gather vous abreuve d’un récap’ des sorties musicales du lendemain sur son Insta et son Twitter. Le mois de novembre étant arrivé à sa fin, voici un petit bilan mensuel préparé par ses rédactrices et rédacteurs, parfait pour se remettre à jour ! (Crédit visuel bannière : Brockhampton par Lucas Creighton)

Eddy

Projets :

Boldy James & Futurewave – Mr. Ten08

Il nous devient décidemment impossible de réaliser un bilan mensuel sans celui qu’on pourrait déjà, sans trop de contestation, considérer comme le rappeur de l’année. Boldy James a enchainé en novembre avec un nouveau projet produit par le très bon beatmaker canadien Futurewave. Les deux artistes sont restés à distance pour concevoir cet album qui se révèle pourtant cohérent de bout en bout. Les productions constituées majoritairement de samples poussiéreux sont littéralement idéales pour le rappeur de Detroit qui délivre son flow avec une aisance toujours aussi royale. Ce projet vient se placer solidement dans la discographie particulièrement exceptionnelle de Boldy qui ne semble plus vouloir s’arrêter en terme de productivité. Une chronique consacrée à ce disque est disponible sur notre Instagram pour les (formidables) lecteurs qui voudraient approfondir la chose.

UNZEROCINQ & 2PURP – A TRAP COLD QUEST

Il me fallait bien une dernière claque en provenance de notre cher rap français pour terminer cette année et celle-ci est venue de… Rouen. Le collectif de beatmakers UNZEROCINQ s’est associé au rappeur 2PURP pour nous offrir une merveille de projet inspiré de l’underground US. Des sonorités trap d’Atlanta de la décennie dernière conçues avec succès et quelques écarts grandement appréciés avec par exemple un son Detroit rap de qualité. Les références à l’underground américain sont nombreuses et surtout plaisantes : 03 Greedo, Young Dolph… Le rappeur 2PURP se révèle complètement à travers ce projet avec un flow déjà particulièrement assuré et une constance assez remarquable du début à la fin. On ne l’avait clairement pas vu venir et il s’agit pourtant bien d’un projet qui aura marqué mon année 2022 en espérant en voir davantage très vite de la part des artistes de Rouen.

Morceaux :

Veeze – Close Friends

Sossa Ka$h – onGoz

Manast LL’ & Bopfa – How It Go

Rx Papi – Kiss The Ring (First Day Out)

OhGeesy – Gallery 

Hovito

Projets :

SleazyWorld Go – Where The Shooters Be

L’un des phénomènes majeurs de l’année 2022 en rap américain nous vient de Kansas City, dans le Missouri. Après avoir brisé l’écran avec des hits devenus viraux – notamment « Sleazy Flow », dont le remix avec Lil Baby figure sur l’album -, SleazyWorld Go délivre son premier disque, avec d’emblée des allures de blockbuster. En effet, Where The Shooters Be ne manque pas de morceaux forts : « What They Gone Do To Me », « Creepers », ou encore « Vanish Mode » sont déroutants. En interview, il avoue être habité par la volonté de se différencier de la masse de rappeurs existante. Il aura mis quelques années à trouver son propre style, qui caractérise aujourd’hui le côté addictif de sa musique. Sa recette ? On pourrait vulgairement la traduire par une tik-tokisation de la musique de Gucci Mane, ou de OJ the Juiceman – une description qui peut faire fuir, j’en consens. De manière plus honnête, il s’agit de productions ultra-minimalistes, sur lesquelles il ne pose pas vraiment, puisqu’il enregistre tous ses couplets a cappella. C’est de ce procédé que naît ce flow si particulier, qui peut rappeler ses aînés de temps à autre, mais qui paraît surtout être calibré pour lui assurer la poursuite de sa mue en machine à hits.

Chicken P – BussaBrick Vol.2 : BussOne 101

Il existe un certain nombre de rappeurs qui excellent quand ils font ce qu’ils veulent, quitte à partir dans tous les sens (et à parfois se perdre). Très souvent, c’est ce qui fait une partie de l’intérêt de la musique de rappeurs au succès restreint à leur ville. Originaire de Milwaukee, Chicken P rappe sans contrainte. Il prend les morceaux les uns après les autres, et concrètement, il est difficile de trouver deux morceaux identiques dans le deuxième volume de sa mixtape BussaBrick. Comme pour la plupart des artistes avec qui il forme la nouvelle garde du rap underground de Milwaukee, le son qu’il propose s’apparente à ce qui se fait depuis quelques années à Detroit. Ça ne serait prendre un gros risque que d’affirmer qu’il a dû parcourir les chaînes Youtube de Sada Baby et Skilla Baby en long et en large. Les samples sont tous plus grillés les uns que les autres, pendant que lui change de flow et raconte sa vie sans filtre au micro. Une sensation de proximité s’immisce à l’écoute de sa musique qui paraît plus que jamais libre et spontanée.

Morceaux :

O’Way, Dolla Davis – Nobody

Stavo – Bidonvilles

Young Threat – 1 False Move

DaBoii – Built

Gucci Mane – Letter to Takeoff

Erfry

Projets :

Bleu Nuit – L’Enfant Sage

Presque un an après Le Bruit d’un Sentiment, le fier représentant de la scène abstract francophone revient avec L’Enfant Sage, un nouvel album qui surprend par sa positivité et sa chaleur. Il y délaisse les doutes et les pensées qui l’animent habituellement pour se replonger dans des souvenirs heureux, que ce soit des réminiscences de son enfance ou juste les moments passés avec ses proches. Touchant et sincère, il évoque tour à tour sa mère, ses amis, la texture d’un bonbon qui pique et le doudou qu’il a rangé au fond du placard. Les productions sont plus colorés et joyeuses qu’à l’accoutumé, accompagnant les récits réconforts et nostalgiques qu’il fait. Bleu Nuit invite aussi sur le projet d’autres acteurs de la scène abstract francophone, que ce soit ses camarades Eryl, S​ā​dhana et Leleee (« La Couleur des Anges » étant sans doute un des morceaux les plus puissants du projet, délaissant la nostalgie un instant pour parler de racisme intériorisé et de black empowerment), ou 23wa pour une seconde et belle collaboration. Avec L’Enfant Sage, Bleu Nuit ajoute une nouvelle couleur à sa discographie, une célébration optimiste et nostalgique, un réconfort chaleureux bienvenu alors que la température vient de tomber en-dessous de 0.

demahjiae – Angels Wear Black

Chez nos lointains voisins américains, un autre artiste issu de l’abstract hip-hop est lui aussi revenu pour célébrer. Le rappeur-producteur historique des slums demahjiae s’était fait relativement discret depuis son dernier album en août 2020, And, Such is Life, et son retour avec l’EP Angels Wear Black fait du bien. On y retrouve tout ce qui fait le charme de ses productions, ce contraste entre des samples chaleureux et organiques, et des percussions résolument artificielles et nerveuses, d’autant plus imprévisible que les morceaux sont souvent ponctués de beatswitch. Mais c’est surtout au micro que demahjiae surprend, démontrant une assurance qu’on ne lui connaissait pas. Dans la plus pure tradition des slums, il distribue des leçons de vie tirées des épreuves qu’il a traversées et surmontées, parle de sa famille, de spiritualité et d’acceptation de soi. Mais surtout, il incarne son propos avec sincérité et intensité, variant les interprétations au fil des émotions, s’essayant même au chant sur le remarquable « 1 4 Granny ». En résulte Angels Wear Black, une célébration inspirante et une victoire sur la vie pour demahjiae, un court concentré d’abstract qui nous fait encore plus saliver pour la suite.

Morceaux :

Khali – Pas de Zga Interlude

Jwles – Bonnes Relations

Igwe Aka – Tony On The Radio

AAMO – Laazy

Westside Boogie – Halfway Right (feat Rapsody & Alex Isley)

Hugo

Projets :

Special Interest – Endure

L’intrication de la dance et de la punk, à la fin des années 70, faisait complètement sens. Durant cette période, de véritables feux d’artifices musicaux avaient lieu de toutes part à l’horizon: les effusions tantôt euphoriques, tantôt contestataires de la disco et de la funk soulevaient les dance-floors et propulsaient constamment des artistes afro-américains à la célébrité autant qu’elles leur obtenaient des acclamations critiques ; la new wave, détachement flamboyant du punk connaissait une montée en puissance phénoménale ; la dance music (dans son acceptation la plus globale) se frayait donc une place de plus en plus importante dans le paysage musical, phénomène qui allait évidemment de pair avec la démocratisation des établissements festifs nocturnes. Au milieu de toutes ces tendances, dont certaines des plus mineures étaient des étoiles filantes, la dance-punk brilla éphémèrement, certes, mais laissa une traînée de poussière qui restera visible suffisamment longtemps pour inspirer les générations suivantes. Après tout, une icône comme Nina Hagen marqua à elle seule l’histoire de la musique. A la fin des années 90 et le début des années 2000, on put assister à une nouvelle efflorescence de cette tendance, à laquelle s’essayaient bon nombre de groupes qui évoluaient plus ou moins dans la galaxie rock: LCD Soundsystem, Yeah Yeah Yeahs, Bloc Party figuraient parmi les plus éminentes formations à s’y essayer, souvent avec énormément de succès. 

Aujourd’hui, ce style fait encore plus sens que naguère. On a assisté ces quelques dernières années à une résurgence de la dance dans le mainstream, qui a récemment culminé d’ailleurs avec la sortie du dernier album de Beyoncé, qui a au moins eu le mérite de replacer historiquement ses racines et quelques-unes des causes pour lesquelle la dance est née. Parallèlement, l’esprit punk n’est jamais mort, ne mourra jamais, en témoigne la formidable ébullition du milieu, principalement représenté par son pendant extrême, le hardcore. Et puisque par dessus le marché l’époque, on a l’impression de n’avoir de cesse de le ressasser, est déplorable à bien des aspects et offre autant de raisons d’élever la voix que d’abandonner espoir, pourquoi pas en profiter pour décharger ses frustrations et ses pulsions violemment mais sur des rythmiques pulsantes? C’est là que Special Interest entrent en scène, avec ce que l’on peut qualifier sans frémir d’un des tous meilleurs albums de l’année. Endure est une muscle car aux basses vrombissantes, aux suspensions hydrauliques surprenantes et dont le bruit du moteur est aussi attrayant qu’abrasif. Mais c’est la voix de la conductrice qui magnifie le voyage, une fois la première passée. Visualisez une Furiosa de Mad Max grimée en cyberpunk qui vous entraîne par ses cris et ses murmures langoureux à travers les rues endiablées d’un samedi soir dans une ville en délire. Mais un conseil, les apparences peuvent être trompeuses. La virée aura le mérite de vous drainer ne serait-ce que momentanément de quelques humeurs délétères, d’assouvir vos envies de vitesse et de furie, et de caresser vos oreilles par la douce mélodie des métaux qui s’entrechoquent. 

$ilkmoney – I Don’t Give a Fuck About This Rap Shit, Imma Just Drop Until I Don’t Feel Like It Anymore

Y a-t-il véritablement besoin d’ajouter quoi que ce soit, après avoir pris conscience du titre de cet album, et de tout ce qu’il implique? Pour la forme, autorisons-nous une entorse rhétorique et admettons que oui. Tout d’abord il faut véritablement rendre honneur à ces groupes qui se désagrègent au bout d’un certain temps, et qui par là libèrent les individualités parfois emprisonnées en leur sein. C’est ce qui s’est passé avec Divine Council, dont la très courte durée de vie a permis à ICYTWAT et $ilkmoney de pouvoir s’épanouir en solo comme leur talent le leur commandait. Ce dernier s’est distingué ces dernières années grâce, outre des titres d’album à rallonge et des titres de morceaux qui feraient pâlir Chris Crack, un style très dense et pourtant étrangement digeste, rendu possible par une voix tonitruante contrastée par un contenu textuel aussi imprévisible que marginal dans ses thématiques. Et évidemment, la qualité était toujours au rendez-vous, tant d’ailleurs qu’il a fini par attirer l’attention de Tyler the Creator, avec qui il collabora sur quelques morceaux.

Il doit vraiment y avoir quelque chose dans l’eau de la Virginie. Tant de rappeurs exceptionnels nous viennent de cet état situé au sud-est de Philadelphie. En vérité, cuisiner du crack n’est pas la seule occupation que des jeunes comme $ilkmoney et Pusha T à son époque avaient pour passer le temps, il y a le rap. Et ils s’y distinguent très souvent, et de manière très diverse. Ce nouvel album de $ilkmoney en est une énième preuve s’il en faut: au cours des 35 minutes du projet, vous pourrez entendre des références à l’orthographie phonétique, à la libération du peuple noir, à des films de John Singleton, tout autant que des insultes envers le bijoutier Johnny Dang, les labels, ou la médiocrité des rappeurs. Il fait d’ailleurs preuve d’une capacité d’analyse fort juste sur les grandeurs et décadences de ces mêmes rappeurs, par exemple sur la monétisation du décès des stars, et l’exploitation de ces jeunes hommes noirs par les labels dirigés par des têtes blanches. Oh et bien entendu, moult saillies verbales induites par la consommation de drogues psychédéliques, en témoigne le 2ème morceau de l’album. 

Ce qui fait tout le charme d’un album comme celui-ci, c’est en premier lieu la forme très libre, puisque comme il le dit et répète, il n’en a rien à foutre de ce rap de merde. Aussi couplets et refrains se confondent, s’imbriquent, s’estompent et se reforment dans une vapeur dense que $ilkmoney souffle, dissipe, tranche même de sa voix, ses vociférations semblant même intimider les molécules de l’air. On a l’impression d’entendre un croisement entre Busta Ryhmes et un jeune DMX, une présence toute en furie qu’on estime seulement adoucie par les narcotiques et les productions enfumées de l’album. Peut-être est-ce simplement une longue méditation sous DMT où s’entrechoquent les différentes strates de conscience du rappeur. Enfin bref, tous ces mots pour vous dire que l’on est en présence d’un rappeur tout bonnement exceptionnel qui a sorti un excellent album qui est un indispensable de l’année 2022 et que vous ratez quelque chose si vous n’écoutez pas. Voilà. A l’année prochaine. 

Morceaux :

Gaye Su Akyol – Sen Benim Magaramsin

LS Dunes – Blender

Backxwash – JUJU (feat. Ghais Guevara)

Phung Kahn Linh – quy cô say xìn

Brockhampton – Brockhampton

Vendredi 13

Projets :

Mourning – Disenlightenment

2022 aura été une année plus que fertile en matière d’albums de metal hardcore. Le genre, qui semble connaître depuis 2 ans un retour sur le devant de la scène, nous aura livré de belles pépites dans toutes ses dérivations, et alors qu’on pensait l’année terminée, les écossais de Mourning sont venus mettre un ultime coup de pression avec Disenlightenment, leur « premier » album, sorti chez Streets of Hate (et que vous pouvez récupérer à prix libre sur le Bandcamp du groupe).

A l’écoute de Disenlightenment, on a plutôt l’impression d’entendre un groupe de black metal jouer du hardcore. Les influences de groupes comme Inquisition ou Taake viennent ajouter aux breakdowns et riffs propres au hardcore une nouvelle dimension. Le morceau éponyme, avec son blast beat et ses accords de guitare que n’auraient pas reniés les scandinaves d’Immortal, en est un flagrant exemple. Mourning a trouvé la formule parfaite, et s’applique à décliner le black et ses dérivations tout au long de l’album. Sur Tyranny Of Guilt, le riffing à la Inquisition, avec cette tendance à « tordre » les notes vers les aigües pour ajouter des touches mélodiques, se montre d’une redoutable efficacité. 

Mourning rend hommage au terme “metal” dans metal hardcore. Disenlightenment est rempli de passages heavy  et de changements de tempo bien dosés, qui mettent en lumière le travail du groupe à la guitare. Exemple flagrant : Le breakdown du morceau de clôture Unhonoured Prophecy rompt radicalement avec l’interlude dungeon synth Foreboding qui le précède, ou encore les variations de rythme sur Desert of The Spirit. Le groupe condense dans les 22 minutes de l’album d’excellentes idées de compositions, et leur hardcore, nourri de ces influences black et death metal, tire son épingle du jeu dans un genre qui semble parfois peiner à se renouveler! 

Meekz – Respect the Come Up

Après un premier EP en 2020 et quelques hits au cours des dernières années, Meekz, rappeur de Manchester, livre son premier album Respect The Come Up. Le mancunien qu’on a pu retrouver sur le morceau fleuve de Dave In The Fire aux côtés de Giggs, Fredo et Ghetts, cimente avec ce projet -vendu comme une mixtape, mais aux allures d’album- sa place sur la scène UK. 

Caché derrière son ski mask, le rappeur semble avoir choisi la qualité plutôt que la quantité. Sur les 10 titres de l’album, il rappe, chante, s’adonne à quelques passages spoken word. Son flow et ses schémas de rimes sont parfois déconcertants, et sont l’un des points forts du projet. Mais c’est surtout sa voix, grave, parfois sirupeuse, presque envoûtante et hypnotisante, qui vient captiver l’auditeur dès Say Less, ouverture de l’album. Entre nonchalance et gravité, elle donne à ses récits une profondeur et une résonance qui se rapproche -toutes proportions gardées- de celle de Dave (encore lui) ou même de Knucks. L’ennui dans la rue, le statut de nouveau riche, les relations éphémères et la violence sous-jacente des rues de Manchester sont racontés avec recul et lucidité, la “vraie vie” étant pour Meekz bien plus intéressante que les récits qui en sont fait ; “I don’t like drill much, but I’ll real life catch me a body” , rappe t-il sur le featuring Don’t Like Drill avec Central Cee. 


Loin de se résumer à de la drill “classique”, Meekz montre sa polyvalence et sa capacité d’adaptation. Qu’il s’agisse du refrain mi-chanté de More Money, des cuivres majestueux sur Hustle’s Ambition ou des cordes presques cinématographiques du featuring avec Dave Fresh Out The Bank, une attention particulière a été portée à la mélodie et la musicalité. Un premier projet plus que réussi pour le mancunien, dont on ne peut, effectivement, que respecter le come up

Morceaux :

duendida & Joy Guidri – Feel

Maria BC – No Reason (Ragana Remix)

Sanguisugabogg – Pissed

Louis Culture – Bezel

Ab-Soul – Gang’Nem (feat. Fre$h)

Arthur

Projets :

rRoxymore – Perpetual Now

Chaque Hiver, rRoxymore choisit de s’isoler dans son studio pour composer à sa guise. Cette sorte d’hibernation est le fruit de son second album Perpetual Now. En 4 sons et un peu plus de 40 minutes, la productrice électronique française et résidente à Berlin propose un mélange touchant mêlant techno, jazz, ambient et expérimentation sonore. Le point culminant est sans doute « At the Crest », une rythmique hypnagogique saupoudrée d’étincelantes harmoniques qui n’est pas sans rappeler le minimalisme d’un « Arpeggi » de Kelly Lee Owens. 

Natalia Lafourcade – De todas las flores

Entre les inédits de Joyce Moreno, la folk introspectif de Tim Bernardes et le psychédélisme de Niños del Cerro, l’Amérique Latine concentre une bonne partie de mon intérêt depuis quelques mois (que j’ai hélas trop souvent négligé). C’est encore le cas avec le nouveau projet de la Mexicaine Natalia Lafourcade. Sous une forme assez classique, la chanteuse transcende par le timbre mirifique de sa voix. Le tour de force de l’album est aussi dans la production, Natalia n’hésite pas à ramener des grands musiciens contemporains dont Marc Ribot, guitariste éclectique (je vous conseille de jeter un coup d’œil à son travail avec John Zorn) qui sublime les mélodies envoûtantes.

Soudain pendant que j’écoute de nouveau l’album, une question me traverse l’esprit, et si la langue natale de Borges était la meilleure pour exprimer les sentiments ?

Morceaux :

Surf Gang – Do What It Does

$ilkmoney – I Ate 14gs Of Mushrooms and Bwoy Oh Bwoy

Brockhampton – Keep It Southern

Heith – Lettera 4

Sega Bodega – Kepko

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