NO RAP SHIT – AVRIL 2021

Tout va bien dans le meilleur des mondes. Il n’y a vraiment aucune raison de paniquer. Aucune raison de changer quoi que ce soit. Il n’y a que les personnes saines d’esprit qui se remettent en question. Heureusement qu’il y a la musique pour apaiser nos âmes tourmentées. Bonne écoute!

AVRIL

Myd, producteur émérite ayant jadis appartenu au désormais défunt label Bromance de Brodinski, se décide enfin à sortir son 1er album, après 10 ans de carrière, et quel album! A l’heure où vous lirez ces lignes, l’été aura déjà entamé sa sainte floraison, et ce sera le moment idéal pour offrir à l’album la contextualisation de rigueur. De la house ensoleillée, qui ne demande qu’à être jouée au bord d’une piscine ou de n’importe quelle autre étendue d’eau iridescente et scintillante.

Glüme, l’une des dernières signatures de l’excellent label de revival italo et synthpop Italians Do It Better, mené par le maestro Johnny Jewels, et maison des Chromatics, livre un premier album aux teintes vintages, dans la pure tradition des artistes du label, des textures de velour spectrales, nocturnes et lancinantes.

Kučka, la chanteuse de pop australienne, fréquente collaboratrice de Flume, offre un premier album bien plus lowkey que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Un contre-pied pour autant loin d’être décevant, faisant la part belle à des morceaux d’envergure et pourtant intimistes, qui laissent le loisir à la chanteuse de démontrer toute l’étendue de son talent. Un album qui se révèle graduellement au fil des écoutes.

Le grand innovateur Dylan Brady, fort de son succès avec 100 Gecs, livre le second volet de son side-project Cake Pop, plus expansif, plus créatif, et réunissant bon nombre de ses usual suspects collaboratifs, Ravenna Golden et Lewis Grant en tête de gondole. Un tour de montagnes russes en hyperglycémie induisant plusieurs crises d’épilepsie, donc de l’hyperpop réussie. 

La chanteuse danoise Coco O. formait avec le producteur Robin Hannibal (ex membre de Rhye) le duo de neosoul Quadron. Ensemble, ils ont sorti 2 albums, en 2010 puis 2013, le second comportait d’ailleurs une apparition de Kendrick Lamar. Pour l’anecdote, récemment, les producteurs de Lemon Pepper Freestyle de Drake ont samplé une rendition live de leur morceau Pressure. Toujours est-il que Coco a enfin pu s’aventurer en solo avec un premier album, processus qui lui a pris pas moins de 7 ans, simplement parce qu’il lui a fallu du temps pour se comprendre en tant qu’artiste et déterminer ce qu’elle voulait faire. Mais aussi parce que ce processus, elle a dû se l’approprier pour en matérialiser le résultat. Elle livre donc un album délicat, intime, empruntant à toutes les époques du R&B et de la soul. 

Dawn Richard, anciennement membre du groupe de R&B Danity Kane, et désormais forte d’une carrière solo solide, nous fait cadeau de son 6ème album, de l’électropop s’éloignant des clichés habituels, faisant figure d’excellente addition à son catalogue. L’arc narratif dont se pare l’album s’articule autour des racines créoles de Richard, ainsi que la culture de sa ville de la Nouvelle-Orléans. On la sent libre de toutes contraintes, en totale indépendance comme elle le souligne d’ailleurs, et plus à l’aise que jamais auparavant dans sa carrière. 

La chanteuse Jenn Wasner du groupe Wye Oak, en activité depuis 2006, en est un des membres fondateurs. Au cours de l’année 2015, elle a monté un nouveau projet solo, intitulé Flock of Dimes, pour distiller elle-même sa propre cuvée d’indie pop. En ce mois d’avril 2021 sort son second album sous ce nom de scène, une perle immaculée, diaphane comme les ailes d’un papillon au soleil printanier. Un album enchanteur et probablement enchanté qui sonne comme la réverbération des rayons du soleil sur la rosée matinale. 

Mais l’album qui sera assurément, et malheureusement, passé sous tous les radars, y compris le nôtre jusqu’à ce beau jour de début juin, où j’ai découvert le second album d’un dénommé Amigo the Devil, intitulé Born Against. Dès le premier morceau, c’est un choc, une intrigue profonde, qui se confirme au fur et à mesure que s’égrènent les 9 morceaux suivants. Les qualificatifs pour décrire sa musique sont légion, en voici quelques-uns qui semblent réellement indiqués et qui je l’espère vous évoqueront quelque chose: dark folk, country, soft goth rock… Des formulations toutes plus farfelues pour désigner un univers, vous l’aurez compris, assez sombre donc, mais où malgré tout y réside une indéniable beauté. L’écriture de l’homme est par ailleurs tout à fait subjuguante, et se marie parfaitement avec les ambiances crépusculaires où la folie guette les moins chanceux. On y décèle une évidente influence de Nick Cave, notamment dans les storytellings à la limite du conte d’horreur, les fameuses « murder ballads ». Quoiqu’il en soit, c’est clairement un album à essayer, ne serait-ce que pour le dépaysement qu’il constitue, tant il est marginal. Enorme coup de coeur. 

Comme d’habitude, ça se passe par ici:

https://linktr.ee/DrankOcean

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