Rick Ross : Every day i’m hustlin’

Miami, une ville qui compte derrière elle seulement un petit peu plus de 120 ans d’histoire mais qui bénéficie déjà d’une identité bien établie. Cette dernière vient notamment de l’hispanisation importante qui s’est opérée entre les années 60 & 80 par le biais de vagues d’immigrations massives. Les connexions avec l’Amérique du Sud vont aller au delà de ce phénomène avec l’arrivée explosive du trafic de drogue qui bouleversera drastiquement le développement de la ville en, par exemple, boostant le marché de l’immobilier. Ainsi, Miami atteindra rapidement le statut qu’on lui connait aujourd’hui, cette ville fantasque où tous les excès semblent de mise au bord de plages bondées. Cette image va venir « dénaturer » la ville, au point d’être considérée naïvement comme un lieu avant tout paradisiaque aux yeux du monde entier.

« L’autre Miami » va alors s’habituer à vivre dans l’ignorance, celui où, comme partout, les habitants se battent au quotidien afin d’avoir une vie descente. Malgré son aspect flashy sans cesse mis en avant, oui, encore une fois, comme partout ou presque, il existe bien des hoods dans la célèbre ville de Floride. Il faut cependant admettre que la méconnaissance de ces zones provient également d’un manque cruel de porte étendard, notamment dans le hip-hop. Si la city s’est faite une solide réputation durant l’era soundcloud, l’histoire de son hip-hop demeure bien pauvre aux yeux du monde. Dans ce contexte particulier, un homme a su, malgré tout, réaliser une carrière accomplie au point de devenir l’icône du rap de Miami. Né en 1976, William Leonard Roberts II, plus connu sous le nom de Rick Ross, deviendra 30 ans plus tard un phénomène mondiale de l’industrie rap. Plongeons-nous dans la carrière, déjà bien remplie, du « boss » .

L’arrivée d’un ouragan sur le rap

L’explosion de Rozay fut relativement soudaine. La première trace du rappeur dont nous disposons remonte à 2000 sur l’album « Erick Onasis » du MC new-yorkais Erick Sermon. Alors, sous le nom de scène, à l’époque, de « Teflon Da Don » , il nous montre d’entrée son fort appétit et son aisance à découper les productions.

Il finit par signer, seulement quelques années plus tard, chez la célèbre maison de disque Def Jam Recordings. Très rapidement, il obtient de belles opportunités pour se montrer avec des apparitions sur divers projets du labels et des participations aux tournées de jolis noms à l’image de Trick Daddy, également en provenance de Miami. Cependant, rien de tout ça ne pouvait laisser présager le début canon que s’apprêtait à faire Rick Ross. Ce décollage explosif porte le nom de « Port of Miami » .

Alors âgé de 30 ans, il va braquer l’industrie avec un charisme débordant. Le single de lancement sera un véritable missile, une dynamite qui finira par obtenir aisément le statut de classique dans le rap moderne. Je parle bien évidemment de l’iconique « Hustlin’ » . Ce hit dessinera tout simplement la mentalité que Rozay appliquera durant toute sa carrière. Les deux premières lines raisonnent aujourd’hui comme un symbole de sa grandeur, une confiance tout simplement sans équivoque pour un premier single :

Who the fuck you think you fuckin’ with? I’m the fuckin’ boss

745, white-on-white, that’s fuckin’ Ross

Après ce premier missile, William continuera de construire son identité artistique avec un deuxième single directement inspiré de Scarface, je fais référence au classique « Push It » . Ce morceau se voulait également annonciateur de la suite pour Rozay car, comme nous le verrons après, le rappeur a toujours cherché à se construire un univers assez mafioso que ça soit dans ses lyrics ou visuels. En plus de débarquer avec des singles retentissants, Rick Ross s’offre un roster cinq étoiles pour l’accompagner dans son premier album : Akon, Jay-Z, Jeezy, Lil Wayne, The Runners… Le néo phénomène de Floride ne pouvait qu’attirer l’attention avec une telle armée. Un pari plus que réussi puisque « Port of Miami » démarre directement en tête du Billboard 200 avec pas mois de 187 000 ventes en première semaine. Une prouesse phénoménale pour un artiste, issu d’une scène rap pas particulièrement hype, qui s’était principalement fait connaître avec son premier single seulement quelques mois auparavant. Avec un seul album au compteur, qui s’avérait encore relativement perfectible mais laissait surtout présager un sacré potentiel, Rick Ross semblait être déjà prêt à régner sur l’industrie rap.

Rozay confirmera cette puissante notoriété acquise, deux ans plus tard, avec son second album « Trilla » . Bien que le projet soit relativement moins marquant que le précédent, il parvient une nouvelle fois à se hisser tout en haut du Billboard 200. L’album contient son lot de hits à l’image des titres « The Boss » feat T-Pain et sa production parfumée de nostalgie, « Here I Am » feat Nelly & Avery Storm, un morceau taillé pour cartonner commercialement, sans oublier le royal « Maybach Music » en collaboration avec l’immense Jay-Z.

I made a couple million dollars last year dealin’ weight

Still in the streets, strapped with them thangs

She in love with the G, so she tatted my name (Ross!)

I’m the biggest boss that you seen thus far

Rick Ross – « The Boss »

Avec ce second album, Rick Ross étend un peu plus son pouvoir dans le rap game. Le MC de Miami est désormais en mesure de se considérer fièrement comme étant une machine à hits tout en ayant réussi à développer une image de parrain mafieux qui colle idéalement à l’histoire de sa ville. Cependant, la recherche absolue de ce statut finira par soulever quelques interrogations sur la véritable identité du « Boss » .

Rick Ross : authenticité ou personnage parfaitement développé ?

Mais concrètement, à quoi fait donc référence le nom de scène « Rick Ross » ? Il est en réalité inspiré de Ricky Donnell Ross a.k.a. « Freeway » , un ancien grand baron de la drogue qui a sévi sur le territoire américain notamment dans les années 80-90. Rozay ne se limite pas simplement à un simple clin d’oeil avec ce nom, il rentre totalement dans la peau du personnage à travers sa musique comme on peut souvent le constater à travers ses lyrics :

Revenue incredible, it put me on a pedestal

Columbia to Mexico, I figured was a better route

Rick Ross – Maybach Music

Jusqu’à là, rien de vraiment inédit, un rappeur qui reprend le nom d’un gangster historique presque au point de rentrer complètement dans le personnage ? Du déjà vu. Le problème ? En 2008, des documents officiels et, surtout, une photo en uniforme, vont venir révéler au monde que William fut autrefois surveillant pénitentiaire et, forcément, dans le rap game ça passe tout sauf inaperçu. Niant les faits dans un premier temps, le rappeur finira par avouer face aux multitudes de preuves qui continueront à fuiter sur la toile. Il finira même par s’exprimer sur le sujet dans sa musique à travers le morceau « Valley of Death » en 2009 :

When all these n****s undercover fuckin’ niggas up?

Keep it Trilla, n***a, never had a gun and badge!

Kept a nice watch, smokin’ on a hundred sacks

Back in the day, I sold crack for some nice kicks

Rick Ross – Valley of Death

Bien que sa courte carrière en tant que surveillant pénitentiaire n’ait duré que dix-huit mois entre 1995 et 1997, un mythe s’effondre plus ou moins aux yeux de certains. Les titres « chocs » pleuvent sur le net : « une fraude » / « le maton qui rêvait de devenir gangster » … Et surtout, un autre évènement va venir un peu plus envenimer les choses : la libération de Freeway. Sans surprise, l’ex roi du crack n’apprécie guère qu’un rappeur, anciennement maton, « usurpe » son identité. Il réalise de nombreuses sorties médiatiques afin de faire entendre son indignations vis-à-vis de cette affaire et tombe même dans des théories du complot. Au delà de ses dires, plus ou moins farfelus, l’ex gangster va surtout attaquer en justice Rozay en justice pour l’usurpation d’identité et demander des millions de dollars en dédommagement mais aussi essayer de bloquer les prochains projets du rappeur. Ce procès va durer plusieurs années, Jay-Z sera même amené à y témoigner, et verra William en sortir vainqueur en 2013 après de multiples rebondissements.

Ricky Ross « Freeway »

Pendant tout ce temps, Rick Ross est resté incroyablement lucide et a continué à poursuivre sa carrière comme si de rien n’était tout en conservant le même univers autour de sa musique, qu’il soit fictif ou non. Cette stratégie fera rapidement dissiper les doutes et étouffera la polémique autour de la street crédibilité du rappeur. Rozay ne va pas faire les choses à moitié puisqu’il va tout simplement entamer le prime de sa carrière.

La construction d’un empire

En 2009, Rick Ross va franchir une étape majeure de sa carrière en donnant naissance à son propre label : Maybach Music Group. Une maison de disque qui deviendra une véritable marque en l’espace de quelques années. Il entame cette nouvelle aventure avec un premier top 1 du Billboard 200 par le biais de son troisième album studio : « Deeper Than Rap » . Le rappeur maintient une incroyable régularité dans ses scores depuis le début de sa carrière et va passer à la vitesse supérieure dès l’année suivante en sortant ce qu’on peut considérer comme étant LE classique de sa carrière : « Teflon Don » .

Ce quatrième album studio est, ni plus ni moins, l’un des plus important réservoirs de hits du rap moderne. Comme si cela ne suffisait pas, le projet réunit également une impressionnante dream team que ça soit au niveau des guests ou des producteurs : Jay-Z, CeeLo Green, No I.D., Erykah Badu, Jadakiss, T.I., Kanye West, Diddy, Gucci Mane, Drake, Raekwon…

Les nombreux cartons au sein de cet album vont en faire un véritable incontournable de la dernière décennie. Plus que jamais, Rick Ross se dresse en grande tête d’affiche du hip-hop américain. Au milieu de ces multiples hits, un single en particulier va marquer les esprits en devenant un des plus gros bangers de ce siècle. Il s’agit bien évidemment de « B.M.F. » . Le titre dégage une énergie tout simplement unique. Plus puissant que jamais, Rozay rappelle qui est le boss.

Rozay—that’s my nickname

Cocaine runnin’ in my big veins

Self-made, you just affiliated

I build it ground-up, you bought it renovated

Talkin’ plenty capers, nothing’s been authenticated

Rick Ross – B.M.F.

Mais se limiter à « B.M.F. » serait manquer de respect à la consistance phénoménale du projet. On retrouve notamment le bluffant « Free Mason » feat Jay-Z, le touchant « Tears of Joy » dans lequel il revient sur le dur chemin qui lui a permis de fuir la pauvreté, l’exposition d’un mode de vie sans aucune appréhension sur une production de Kanye dans « Live Fast, Die Young » , le hit planétaire « Aston Martin Music » … Comme vous le saviez probablement déjà, « Teflon Don » est un album qui ne manque en aucun cas de références. C’est tout logiquement que le projet fera un imposant démarrage avec 176 000 ventes. Rozay semblait alors avoir trouvé la formule parfaite : mêler excellente qualité et impact commercial.

Ne vous y méprenez pas, malgré une folle productivité et de multiples accomplissements, Rick Ross était encore bien loin d’être rassasié. Il va consacrer l’année 2011 au développement de Maybach Music Group. Il va bonifier son roster avec d’excellentes signatures qu’il développera à une vitesse record : Meek Mill, Stalley, Wale… Ces recrues participeront grandement au rayonnement du label, les années suivantes, en grappillant des premières places du Billboard 200 à l’image de Wale avec ses albums « The Gifted » & « The Album About Nothing » ou encore Meek Mill avec les efficaces « Dreams Worth More Than Money » et « Championships » .

Afin de présenter sa nouvelle équipe, Rozay s’empresse de sortir un album collectif en mai 2011 intitulé « Self Made Vol. 1 » . Le projet va remplir plus qu’efficacement son rôle mais aussi faire de Meek Mill & Rick Ross le nouveau duo hype du game. Ils s’illustrent très tôt dans l’album sur le solide « Tupac Back » avant de tout exploser sur l’un des meilleurs bangers de l’année 2011 sobrement intitulé « Ima Boss » .

And I’m only 23, I’m the shit, now look at me

Look at me, I’m a boss like my n***a Rozay

Meek Mill – Ima Boss

Wale se montre également à son avantage par le biais d’excellent singles qui trouveront une grosse audience : « By Any Means » feat le duo Meek & Rozay ou encore le célèbre « That Way » . Rick Ross n’avait pas particulièrement pour mission de proposer un album d’une grande cohérence avec pour but de scotcher le monde du rap. Son unique but était de mettre en avant ses nouveaux protégés en les plaçant sur des hits virales, chose qu’il réussit sans grandes surprises.

Rozay entame l’année 2012 avec, sans l’ombre d’un doute, le statut le plus important de sa carrière. On a même pu le retrouver nominé à travers différentes cérémonies de récompenses pour le titre de meilleur rappeur de l’année. Même sur notre territoire français, ceux qui ont pu « vivre » à fond cette époque savent de quoi je parle. Vous pouviez aller en boîte de nuit dans presque toutes les villes du pays, la probabilité d’y entendre du Rick Ross / Maybach Music était extrêmement forte. Le rappeur de Miami avait déjà réussi à fonder un empire en seulement quelques années dont l’impact pouvait se ressentir à l’échelle mondiale. Il profite également de placements incroyables sur des albums légendaires, le MC se montre notamment étincelant sur le mythique « My Beautiful Dark Twisted Fantasy » , de Kanye West, avec ses couplets chirurgicaux sur « Monster » et « Devil in a New Dress » . La scène rap de Miami voyait alors prospérer son plus beau phénomène.

Mais une fois de plus, il en fallait beaucoup plus pour rassasier Rick Ross puisqu’il va réaliser une année 2012 plus que mémorable. Dès le début du mois de janvier, il envoie un premier missile avec sa classique mixtape « Rich Forever » . Comme à son habitude, le Boss réunit une vraie petite armée de stars pour l’accompagner : Diddy, 2 Chainz, John Legend, Nas, Drake, ses associés Meek & Wale…

They say I’m gettin’ money, must be Illuminati

Talking to the Holy Ghost, in my Bugatti

He knockin’ on the do’ don’t let the Devil in

He knockin’ on the do’ don’t let the Devil in

Rick Ross – Holy Ghost

Toujours la même formule aussi efficace, Rozay parvient de nouveau à allier une qualité incontestable et une grande réussite commerciale. Comme sur chaque projet, on retrouve des hits qui vont tourner dans le monde entier à l’image de « Stay Schemin’ » avec les premières lines iconiques du couplet de Rick Ross sur le morceau :

Damn, life’s so short

Fuck it, I don’t wanna go to court (Huh!)

Fuck it, got a budget for the lawyer, though

Fuck it, I’m on the run for the month (Woo!)

Rick Ross – Stay Schemin’

Peu de temps après, il continuera de s’assurer que ses protégés de Maybach Music conservent une bonne visibilité en sortant la suite de la première compilation « Self Made 2 » . Bien que le projet se révèle légèrement moins mémorable que son prédécesseur, il nous offre une belle panoplie de bangers. Mention spéciale à l’intro « Power Circle » , pleine de nostalgie, réunissant un effectif impressionnant : Gunplay, Wale, Rick Ross, Meek Mill, Stalley et monsieur Kendrick Lamar.

En l’espace de quelques mois, Rick Ross avait chauffé son public pour le réel évènement de l’année 2012 : la sortie de son cinquième album studio, dont le titre venait magnifiquement symboliser la position qu’occupait le rappeur dans le game à l’époque, « God Forgives, I Don’t » .

Les chiffres viendront confirmer l’incroyable popularité de Rozay avec plus de 218 000 copies écoulées en première semaine et une première place du Billboard 200 logiquement décrochée. Pour faire simple, que ça soit au niveau du titre ou du contenu, cet album pue littéralement le pouvoir. William faisait désormais parti de l’élite de ce jeu et l’a prouvé de fort belle manière en réunissant une grosse poignée de très grandes légendes sur ce projet : Dr Dre, Jay Z, Andre 3000, Nas… Le message semblait clair, si tu n’es pas une tête d’affiche ou un associé, tu pouvais passer ton tour pour une collaboration avec Rick Ross. Cependant, il faut quand même admettre que cet album, aussi symbolique soit-il, ne sera pas le plus marquant de la part du Boss. Son écoute demeure tout de même appréciable encore aujourd’hui et ne manque pas de nous rappeler l’immense statut qu’occupait le MC de Miami au début de la dernière décennie.

Everything takes time, but this shit came fast

N****s standin’ in line, they wanna hold me back

I multiplied my hustle, stimulated my mind

Motivated my n****s and we’ll never divide, NO!

Rick Ross – Hold Me Back

Ce cinquième album est indéniablement le symbole du prime de Rick Ross. Il assume définitivement l’aspect boss/king de son personnage que ça soit en appelant son feat avec Hova & Dre « 3 Kings » ou en réalisant un visuel implicite pour le très bon « Pirates » . Comme à chaque fois, sa collaboration avec Drake est un très large succès. Dans « Diced Pineapples » , Rozay livre une performance mélodieuse aux côtés de la superstar de Toronto & Wale. Son duo avec Meek Mill dégage toujours une énergie aussi folle comme les deux hommes le prouvent sur le banger « So Sophisticated » . Avec « God Forgives, I Don’t » , Rozay vient définitivement confirmer l’immense réussite de l’era Maybach Music Group.

On pourrait considérer la suite de la carrière de Rozay comme étant son « après prime » . Bien qu’il reprendra de nouveau la première place du Billboard 200 avec son sixième album, deux ans plus tard, « Mastermind » , l’euphorie autour du rappeur de Miami n’est plus exactement la même. D’autres tendances dans le rap US sont venus un peu étouffer Maybach Music aux yeux du monde venant donner aux nouvelles sorties de Rick Ross une dimension quelque peu nostalgique vis-à-vis de la « grande époque » .

L’épanouissement d’un OG

Enterrer Rick Ross serait le sous-estimer gravement. Le boss ne connait pas la défaite et va vieillir de fort belle manière. Il va déjà adopter un mode de vie un peu plus sain, il avait déjà eu pas mal de problèmes de santé durant son prime. William perd beaucoup de kilos et fera encore plus attention après son hospitalisation en 2018 des suites d’une crise cardiaque.

Rick Ross pour Yard

Rozay est désormais un OG et sait bien que rien ne presse, sa fanbase est désormais entièrement dévouée à sa cause, il n’a plus rien à prouver dans le monde du rap. L’album « Rather You Than Me » viendra parfaitement prouver que Rick Ross s’adapte à merveille à son nouveau statut. Forcément plus mature dans son approche musicale, le boss n’oublie pas de remettre certaines choses à leurs places en balançant, par exemple, un diss track mémorable envers Birdman avec « Idols Become Rivals » .

I used to see you n****s on my TV screen

And wondered what was life like, was it all a dream?

And then I met you out on LiveNation dates

Came to the realization that your watch was fake

Damn… you nearly broke my heart

I really thought you n****s really owned them cars

Rick Ross – Idols Become Rivals

La machine à hit ne s’est pas non plus rouillée, on le constate grâce à d’excellents titres présents sur le projet à l’image de « Santorini Greece » . Après avoir fondé un véritable empire et vécu un prime d’excellence, Rick Ross véhicule désormais cette image de « Boss » qui est monté tout en haut de l’échelle semblable à un baron de la drogue qui n’a désormais plus à se salir les mains après avoir traversé les épreuves les plus difficiles.

L’année dernière, il dévoilait une suite à son tout premier album « Port Of Miami 2 » . Les auditeurs de rap se montraient forcément assez méfiants dans un premier temps et pour cause, on a vu plus d’un classique dans l’histoire du hip-hop s’offrir une suite médiocre. Mais Rozay nous a encore prouvé qu’il avait toujours les idées bien en place avec un album sobre et efficace. Ce dixième album possède, à mes yeux, tout ce qu’un album venant d’un OG devrait posséder. Pas de prises de risques inconsidérées, pas de recherche gênante (et surtout impossible) d’une seconde jeunesse… La légende de Miami a su rester fidèle aux qualités qui ont fait son succès tout au long de sa carrière.

I made a few mistakes, I pray I get to repent

The passion came from the pain, I’m paintin’ you all my sins

Warhol, Art Basel how it’s so soft

More raw ’til Hov cut the ‘fro off

Rick Ross – Maybach Music VI

Alors oui, on ne retrouve pas forcément la machine à hit de l’époque, la quasi totalité de l’album semble beaucoup plus sobre que les anciennes sorties de Rozay mais n’est-ce pas plus mal ? La musique de Rick Ross pourrait-elle vraiment plaire au grand public dans l’era actuelle du rap US ? Rien de sur mis à part que William a fait le bon choix en conservant sa boss mentality et surtout en ne faisant pas honte au projet qui a tout enclenché pour la suite de sa carrière. Son feat avec Drake, « Gold Roses » , ne passera malgré tout pas inaperçu puisqu’il sera nominé dans la catégorie « Best Rap Song » à la 62ème édition des Grammys.

En cette nouvelle décennie, Rick Ross occupe plus que jamais le statut de OG et le remplit à merveille. Ses apparitions en featuring sont particulièrement savoureuses, je pense principalement à ses feats sur les albums collab Alchemist – Freddie Gibbs & Curren$y – Harry Fraud. Alors que nous entrons dans une période où la nostalgie semble plus que jamais avoir la côte avec, par exemple, l’explosion du « new old school » à l’image du neo boom bap, le rappeur de Miami pourrait bien avoir sa carte à jouer. Je rêve, à titre perso, d’un petit EP / album en collaboration avec Alchemist, les deux hommes se trouveraient parfaitement le temps d’un projet et la qualité serait très probablement au rendez-vous. En attendant, Rozay devrait, à priori, sortir un nouvel album solo dans les mois qui viennent, peu d’informations sur ce sujet à l’heure actuelle si ce n’est le single « Pinned to the Cross » dévoilé il y a environ un mois. Le visage de Maybach Music sur cette nouvelle décennie devrait rapidement commencer à se dessiner.

La carrière de Rick Ross demeure aujourd’hui un immense modèle de réussite. Une arrivée tonitruante dans le game parfaitement gérée par la suite avec une croissance, au fil des années, des ventes mais aussi de la qualité de ses projets sans oublier la fondation d’un empire avec Maybach Music Group. La manière dont il a façonné son personnage reste également un grand succès, il a su affronter des périodes de polémiques difficiles qui auraient pu très largement remettre en cause son statut. Rozay s’est toujours accroché à sa mentalité de Boss et ce surnom est d’ailleurs très certainement le mot qui pourrait mieux résumer la carrière de l’homme. Désormais, William semble sur le point de nous montrer comment bien vieillir dans le hip-hop tout en restant fidèle à ses principes. Comme on dit souvent, une légende est immortelle.

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