Camoflauge Monk & Sauce Heist – Sauce Monk 3

Le producteur de Buffalo Camoflauge Monk, que nous connaissons maintenant très bien pour ses brillantes collaborations avec la team Griselda, & le rappeur new-yorkais $auce Heist refont équipe afin de poursuivre la série de projets « Sauce Monk » . Un troisième volume qui se veut bien plus ambitieux que les deux précédents.

Exit le format habituel des EPs 5 sons pour les Sauce Monk, le duo a cette fois voulu bâtir un véritable album en proposant pas moins de quatorze titres dont seulement trois interludes. Un pari ambitieux qui se voulait toutefois assez mesuré étant donné l’alchimie plus qu’avérée entre les deux artistes sur les deux premiers volumes de la série. Concernant le casting, on ne rompt pas avec les bonnes habitudes, les deux artistes se sont entourés de noms solides pour accomplir leur mission : Flee Lord, Elcamino, Al Divino, Vic Spencer, Rome Streetz, Billie Essco, AnkhlejohnCamoflauge Monk & $auce Heist avaient définitivement l’intention d’offrir un vrai tournant à leur belle carrière collaborative.

Concrètement, si vous êtes amateurs de boom bap, vous trouverez amplement votre bonheur à travers ce projet. L’album s’ouvre sur une ambiance un poil glauque avant que $auce Heist ne débarque cracher son flow avec efficacité. Très rapidement place à la nostalgie avec le titre « Mansion in the Slums » en compagnie d’un Flee Lord qui découpe aisément une production bénéficiant d’une certaine profondeur. Une nostalgie qui prend une dimension encore plus forte sur l’excellent « Charle Pans » , morceau qui nous offre une collaboration d’une grande cohérence entre Al Divino & $auce Heist. On y retrouve quelques phases classiques de drug dealin rap venant nous rappeler ce qu’on a déjà pu entendre chez Westside Gunn.

Thank god for drug dealin

Camoflauge Monk réalise peut-être sa performance la plus intriguante et prenante du projet sur le track « Another Cold Summer » . Le morceau nous peint un New-York glacial à l’aide d’une production sombre, à la limite de l’abstract, avec un aspect organique très séduisant à l’aide des drums en fond. Pour couronner le tout, on a, ni plus ni moins, le droit à un bref sample de « N.Y. State of Mind » .

Get rich or die tryin’

Notre coup de cœur se porte sans la moindre hésitation sur l’excellent « Kobe at the Rucker » . Un morceau boom bap chill d’excellence avec un grand spécialiste en la matière : le rappeur de Chicago Vic Spencer. Le trio fonctionne à merveille ensemble et nous donnerait presque la curiosité de voir ce que pourrait offrir un projet collaboratif entre eux. Les couplets des deux rappeurs respirent l’aisance, $auce Heist le symbolise fort bien avec son « Feeling like Kobe at the rucker » en référence au playground légendaire de New-York Rucker Park.

Sans forcément nous scotcher instantanément, l’immense majorité du projet s’avère efficace, parfois même surprenante à l’image du folklorique « Billboard X Bird » . Les interludes sont relativement biens placées et viennent quelque peu séquencer le projet. Les symboles de New-York sont innombrables tout le long de l’album, à tel point que le projet se termine sur un extrait de commentaires sportifs lors du 25ème titre des NY Yankees, probablement une manière de rafraîchir les mémoires concernant le statut de la ville dans le hip-hop.

Attention, Camoflauge Monk n’en oublie pas pour autant sa ville de Buffalo. Loin de là puisque le projet contient une connexion spécialement Buffalo sur le titre « Designer » en featuring avec le prometteur Kane Wave ainsi que le talentueux Billie Essco. Mais oubliez la froideur habituelle du rap de la ville, place aux vibes entraînantes avec tout simplement le morceau le plus mélodieux du projet. Kane Wave réalise un refrain très catchy qui vient se coupler à merveille avec les verses des deux rappeurs.

Avec « Sauce Monk 3 » , Camoflauge Monk & $auce Heist viennent offrir une nouvelle dimension à leur carrière collaborative. On ressent à travers le projet une nette progression chez les deux artistes qui n’hésitent pas à se tester sur des ambiances qui diffèrent un minimum. On connaissait déjà très bien le producteur de Buffalo, en revanche un peu moins $auce Heist dont les prochaines années pourraient bien être très intéressantes à observer. Le rappeur semble avoir le bagage nécessaire pour s’installer confortablement et durablement dans l’emblématique underground new-yorkais.

Note : 3.5 sur 5.

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