$ha Hef – NUMB

Le natif du Bronx est incontestablement l’un des MCs les plus sous-estimés du circuit underground depuis maintenant une poignée d’années. À l’origine de deux projets vraiment solides l’année dernière, $ha Hef lance sa nouvelle décennie avec « Numb ».

Son retour était très attendu par les plus grands diggers de l’underground new-yorkais. $ha Hef, c’est généralement la garantie d’écouter un projet de qualité. Le rappeur dégaine l’artillerie lourde pour ce nouvel opus en ramenant du très beau monde : le légendaire Jim Jones, l’emblématique Benny the Butcher par deux fois, les très bons 38 Spesh & Jay Worthy…

$ha annonce la couleur dès l’intro dans une ambiance épique orchestrée par le producteur 183rd. On retrouve le traditionnel minimalisme du rappeur, registre dans lequel il excelle bien plus que la majorité du game. Il introduit également les thèmes qui feront essentiellement ce projet à savoir son expérience dans le deal de drogue, la street credibility…

What’s the price of love? Shit, I don’t know, I know the price of life

And I could show you how to lose yours if the price is right

I’m from a hood, you gotta pray you make it through the night

My lil’ bro sold a brick today, I’m gon’ sell two tonight

My pops told me to sell whatever if you move it right

Every movie needs a villain, I was designated

I put a shooter on my shooter ’cause he hesitated

Shit, I started off a shooter, but I elevated

And I ain’t never dead no plug, shit, I was dedicated

Encore une fois, le mot d’ordre pour cet album reste le minimalisme. Parfois même peut-être un peu trop, l’artiste du Bronx a su se forger une certaine identité dans ce registre. Il approfondit malgré tout légèrement plus cette volonté avec « Numb » . Les deux feats avec Benny symbolisent relativement bien la direction artistique actuelle de $ha Hef. On retrouve tout de même encore quelques sonorités assez mystiques à l’image des productions de « 1008 Ways » ou « Time Zones » . Le genre horrifique n’est jamais vraiment loin avec $ha, comment l’ensemble de sa discographie, ce nouvel album vient peindre un univers particulièrement hostile et sombre.

Bien que sa musique soit très influencée par la consommation de drogue, je ne lui trouve pas particulièrement de nonchalance. Au contraire, le MC de New York n’hésite pas à mettre par moment une certaine intensité comme c’est le cas lors de son bon featuring avec 38 Spesh « Quarter Mill » . Mention spéciale pour l’outro « F Rappers » dont la production mystique nous transporte dès les premières secondes du son. La cohésion entre $ha & Jay Worthy vient parfaire le titre.

L’ultra minimalisme peut de temps à autre avoir ses défauts. Bien que $ha Hef nous prouve encore une fois son aisance dans ce registre, le projet se veut quand même légèrement répétitif. Il ne sera pas forcément évident pour un nouvel auditeur d’avoir une révélation en lançant ce projet. En revanche, si vous êtes fan du rappeur ou même de Boom Bap plus en général, l’expérience vaut clairement le coup. De plus, j’ai toujours trouvé que $ha a réussi à développer un peu son propre délire dans ce mouvement : on peut difficilement le comparer avec un autre MC de l’underground actuellement et c’est indéniablement sa principale force.

Note : 3.5 sur 5.

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