Kahlil Blu – Dog

Ce jeune artiste new-yorkais ne bénéficie pas spécialement d’une notoriété conséquente, pour le moment, dans l’underground. Mais les choses pourraient vite changer étant donné sa remarquable régularité depuis quelques années. Avec « DOG » , le rappeur/producteur compte bien gagner grandement en visibilité.

Dès la première écoute, une certitude s’impose déjà à l’auditeur : ce n’est toujours pas avec ce projet qu’il sera possible de ranger Kahlil Blu dans une case. Depuis le début de sa très jeune carrière, le new-yorkais a fait de sa versatilité une véritable force l’empêchant d’être rattaché à un registre précis. De cette polyvalence ressort une diversité d’influences, très largement identifiables, qui forment, d’une certaine manière, le fil rouge de ce nouvel album.

Dès le premier « véritable » morceau, « Coldsweats » , il est difficile de ne pas avoir une pensée pour le regretté XXXTentacion. Le delivery de Kahlil, sur le track, s’avère très similaire au flow que pouvait bien souvent employer le floridien. Et ce ne sont pas les bruits d’alarme, en fond sonore, venant rappeler le port de la ceinture de sécurité qui viendront nous chasser cette idée, bien au contraire. On retrouve également cet univers emo rap assez prononcé dans la deuxième partie du son « Brand New » .

Kahlil Blu s’est énormément rapproché de la scène lo-fi hip-hop ces derniers temps. Il nous est possible de le constater rien qu’en jetant un œil à la tracklist : featuring avec l’excellent Mavi sur « runway talk » , les présences de Caleb Gilles & Medhane dans les crédits de production… Personnellement, je trouve que le new-yorkais montre son meilleur visage artistique dans ce registre. Le track « Melwood » en est probablement le meilleur exemple. Impossible également de ne pas mentionner le magnifique S/O à son mentor Earl Swearshirt dans « Oh Well » . Ce son utilise un sample de l’iconique « The Mint » , single classique de l’ex rappeur d’Odd Future.

Autre influence dont il est difficile de passer à côté sur ce projet : cette fameuse « trap 2.0 » dans laquelle on a pu voir de nombreux artistes s’épanouir à l’image de Playboi Carti, UnoTheActivist… Kahlil emploie plus d’une fois des flows très similaires à ceux de ces rappeurs sur des morceaux tels que « U.F.O » , « Chewing Gum » ou encore « 119 July » . Il pousse même l’expérience encore plus loin en reprenant directement les ad libs les plus populaires de ce mouvement.

Le reste des titres offre globalement un solide condensé des différentes influences exposées ci-dessus. On notera quand même quelques passages assez pop avec « Brand New » ou « Land » . Grosse mention également pour la très belle performance de $ilkmoney, décidément en très grande forme cette année, sur « 11+22=33 » .

Avec « Dog » , Kahlil Blu expose tout simplement l’étendu de sa palette artistique sur des morceaux très courts mais terriblement efficaces. Une stratégie pertinente pour maximiser ses chances de gagner une visibilité plus importante. Comme ce fut le cas pour son précédent album, le new-yorkais nous a brillamment conquis de par son aisance à switcher avec réussite entre divers univers distincts. Un projet qui gagnera sans soucis sa place au sein des rotations majeures de l’été 2020 chez nous.

Note : 3.5 sur 5.

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