[RETRO] AZ – Doe or Die

Un an après son légendaire delivery sur le classique « Life’s a Bitch » , le rappeur de Brooklyn au flow iconique sortait son premier album. AZ a eu l’intelligence de jouer sur la dynamique « Illmatic » puisque c’est Nas en personne qui ouvre l’album, on retrouve le phénomène du Queens sur trois titres en tout. Le projet est un magnifique succès commercial, notamment pour une oeuvre underground. Il se place directement en tête des charts US hip-hop & RnB. Mais au delà de cet aspect hype, c’est bien avant tout de par sa grande qualité que « Doe or Die » s’est inscrit à l’encre indélébile dans l’histoire du hip-hop.

Le MC de Brooklyn savait déjà faire dans l’efficacité, 12 titres pour 45 minutes de musique à croire qu’il anticipait déjà l’arrivée des plateformes de streaming. Grâce à cette formule, ce rookie album s’écoute très facilement et rend encore plus savoureux chaque couplet de AZ & son flow atypique. En plus du grand Nasir Jones, on retrouve aussi Miss Jones par deux fois dans l’album. Pour la production, le natif de NY s’est entouré de très beaux noms à l’image de l’excellent Pete Rock ou encore des très bons Buckwild & L.E.S.

Après une belle intro, AZ ne nous ménage pas et ouvre le bal avec une démonstration de kickage sur la sombre production du titre « Uncut Raw« . L’auditeur est directement transporté dans un lieu peu rassurant où le vice est roi et la survie la seule règle.

Life is a struggle, that’s why niggas I know stay on the juggle

Some hustle to double, others hug you to mug you

Poverty-stricken, they even turn a church kid into stickin’

It seems sickenin’, but what? Whatever makes the pockets thicken

Globalement, une ambiance assez mafieuse règne à travers cet album. AZ évoque son dur passé de gangster et son souhait de profiter de sa fortune acquise. C’est notamment le cas dans le plus gros hit du projet, « Sugar Hill » , dont on sent d’ailleurs une inspiration assez forte du légendaire « Juicy » de Biggie au niveau de la conception du single.

I want a villa in a Costa Rica

So I can smoke my reefer and enjoy how life supposed ta’ treat ya’

Laid in the shades of the everglades, finally forever paid

Wearing the finest fabrics tailors ever made

Les deux collaborations avec Pete Rock sont une grande réussite. La production hypnotique de ce dernier sur « Gimme Yours » est sublimée par une mélodie entêtante chantonnée par Nas. Dans « Rather Unique » , mon morceau favori du projet, le producteur pioche un peu plus dans la nostalgie avec un AZ qui brille plus que jamais par de brillantes métaphores et des schémas de rime dont il a le secret.

Surgically nice with any verbal device

Trife, breathin’ life into mics

My eyesight’s beyond the twilight

Comme très souvent avec les grands albums de rap new-yorkais des années 90, on a cette forte impression d’être transporté dans les rues des différents quartiers tout le long de l’écoute. Dans ce projet, c’est également le cas notamment sur les titres « Ho-Happy Jackie » & l’excellent « Doe or Die » qui possédait toutes les caractéristiques pour devenir l’hymne officiel de Brooklyn.

And ever since I was a tarface baby watchin’ Scarface

I dreamed of guns and tons of coke on a car chase

A fat connect with a kingpin Colombian

Plus props from crooked cops, payin’ him tops not to run me in

AZ et son fidèle compère Nas viennent nous offrir un classique de plus avec le track « Mo’ Money, Mo’ Murder, Mo’ Homicide » , ambiance mafieuse, forte consistance lyricale, cohésion impeccable entre les deux flows… Les ingrédients sont réunis, un grand son du rap new-yorkais à n’en pas douter.

Mo’ money, mo’ murder, mo’ homicide

You catch that body, nigga, better have that alibi

You never know, it might just be yo’ time you take yo’ ride

To them pearly white gates, (now) watch that suicide

L’album se termine sur des idées/vibes différentes de la majorité du projet. Le morceau « We Can’t Win » fait beaucoup dans la conspiration, de nombreuses théories sur les Illuminati ou encore le gouvernement y sont évoquées.

The eye on the dollar symbolize illumination

A society, secretly overseein’ population

Understand it, the government plans to enslave the planet

AZ se montre plus engagé que jamais dans le titre « Your World Don’t Stop » . Le rappeur de Brooklyn dénonce certaines injustices dont notamment celles du système carcéral américain. Il rapporte les nombreuses difficultés que rencontrent les prisonniers au quotidien, c’est un univers très froid que vient nous peindre ce track.

And being locked up just ain’t the life for me

Shit is way too trife for me

« You’re comin home soon » sounds so nice to me

Sittin’, tryin’ to design these words of mine

To define what occurs when you’re servin’ time

Stress just blurs the mind, behind bars, scars are signs of hard times

I’m trappin’ myself in between these lines

25 ans après, c’est toujours un immense plaisir de se replonger dans ce chef d’oeuvre qu’est « Doe or Die » . L’album vieillit merveilleusement bien notamment grâce au flow de AZ qui demeure, encore aujourd’hui, unique dans le rap. Les productions sont dignes d’un classique du rap new-yorkais, lyricalement on navigue entres différents thèmes & univers qui sont toujours brillamment imagés par le rappeur. Le MC de Brooklyn devrait d’ailleurs offrir une suite cette année à ce monument. Peut-être l’occasion de découvrir cette perle pour de nombreux jeunes auditeurs, du moins on ne peut que l’espérer.

Note : 4.5 sur 5.

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