MALAISES DANS LA CULTURE

Une autre révolution (à défaut d’une autre) autour du soleil à pondérer si la richesse créée vaut la pauvreté engendrée. Un autre cycle de 4 saisons à examiner si la beauté créée vaut la vilenie infligée. C’est à ça que servent nos deux mains, et c’est uniquement après qu’elles se lavent l’une l’autre.

STILL I HEAR THE WORD PROGRESS

Toujours j’entends le mot progrès. Pourtant l’affection de l’humanité pour le passé semble plus forte que jamais. De part et d’autre des régressions primitives: l’overturn du Roe vs. Wade aux Etats-Unis, ; les relents d’apartheid dans la gestion de Twitter par son nouveau gérant, le frauduleux Elon Musk, qui continue d’ailleurs d’exercer une fascination absurde sur les esprits les plus naïfs ; une nouvelle guerre en Europe déclenchée par un mégalomane nostalgique de l’URSS ; l’extrême droite et donc le fascisme qui poursuivent leur re-banalisation tranquille et leur progression (on pense à la France et l’Italie), parvenant au fil des années à complètement réhabiliter son icône moustachue dans les esprits les plus corruptibles de la jeunesse ; une politique française comme un théâtre de guignol. Ah, le passé. Difficile d’aller de l’avant quand il nous obsède. Quand on n’a que ça qui nous tient, qui nous inspire. D’une certaine manière, on peut le comprendre: le présent n’inspire pas toujours grand enthousiasme. Mais c’est justement là tout le problème: quand une portion si considérable de toute une espèce est si obsédée par le passé, elle rend le présent invivable, le futur anxiogène. Une misérable habitude. Toujours en train de célébrer des anniversaires, d’insister sur le sacrosaint souvenir, de comparer tout et n’importe quoi d’actuel avec le passé. La seule référence au passé qui soit tolérable est celle permettant de ne pas en répéter les erreurs, celle qui permette d’édifier un meilleur futur. Mais encore faut-il reconnaître ces erreurs passées, encore faut-il être suffisamment clairvoyant pour ne pas nier les évidences historiques. Tout le reste n’est que perte de temps, chicane et mauvaise foi sinon haine et complaisance. Les plus lucides d’entre nous savent qu’il n’y a rien à y envier, à ce passé. Mieux encore, il faudrait carrément l’enterrer, l’éradiquer des consciences moribondes des carcasses végétatives qui ne jurent que par lui. Chose amusante cependant: ce qui s’applique ici à la politique et la morale, n’est pas règle universelle. Le rapport de l’art avec le passé est quant à lui souvent très sain, puisque tout justement l’art, peu importe la discipline, sait puiser dans d’illustres références afin de créer quelque chose de nouveau. Mais bien sûr, nouveauté n’est pas forcément synonyme de qualité, convenons-en, cependant il y a un mérite à essayer, à prendre appui sans pour autant répliquer, s’inspirer pour approfondir, étendre, transformer. L’équilibre ne se trouve pas dans la stagnation, le fait d’être statique. Il se trouve dans l’harmonie avec les éléments, avec les flux spatio-temporels, dans la connexion avec l’infini nébuleux de l’expérience sensible. Et puis, peut-on vraiment marcher à reculons? Y a-t-il un plaisir à dédaigner le vent frais caressant nos joues et la salutation de l’étoile solaire au profit d’une fixation sur la typologie de nos empreintes de pas sur la terre meuble? Le cheminement existentiel est-il à propos du chemin parcouru ou de celui que l’on peut encore parcourir? Mais trêve d’élucubrations pour cette fois-ci.

2022 fut une année particulière. Toute en nuances et en contrastes. Pour changer, me direz-vous. La sortie de la pandémie a évidemment libéré esprits et corps, mais la réjouissance fut de courte durée puisque le glas de la guerre en Europe déjà susmentionnée a retenti tôt dans l’année. Les conflits n’ont jamais cessé de par le monde mais évidemment, il a fallu attendre que des affrontements aient de nouveau lieu près de chez nous pour que le tout un chacun occidental commence à craindre pour sa chaumière ou développe immédiatement une acuité géopolitique aussi maladroite que mal-informée. Et dire qu’Omar Sy est en train de se faire crucifier par la droite française pour des propos si évidemment factuels. Réitérer ces deux évènements majeurs a une importance cruciale ici pour le secteur qui nous intéresse, à savoir la musique. Il faut aussi ajouter à ceux-ci, pêle-mêle, puisque je n’ai pas l’intention de disserter plus que nécessaire sur des sujets qui sont somme toute suffisamment explicites dans leurs problématiques: un durcissement de la politique d’un très grande nombre de pays (on pense aux situations en Iran ou encore en Chine) ; les balbutiements du métaverse et la mascarade que cela reste à ce jour ; la grandeur et la décadence inexorables des NFT (je tire un plaisir pervers de voir s’effondrer cette bulle spéculative et j’espère que vous aussi parvenez à en jouir) ; le développement des IA en accès public. Ce dernier point a été particulièrement d’actualité en ces dernières semaines de l’année et j’aimerais simplement m’y attarder un instant. Il apparaît déjà clair que cela représente un énorme danger pour les artistes graphiques eux-mêmes qui sont dorénavant menacés par l’épée de Damoclès que représente le fait de pouvoir entraîner ces IA à reproduire leur style, et les brèches de droit d’auteur pouvant en découler. On peut également citer la progression absolument délirante des technologies de deepfakes. Ces deux aspects étroitement liés et dont la marge de progression est vertigineuse posent des questions éthiques cruciales, et n’augurent rien de bon pour l’avenir du monde de l’art. On se souvient encore des chantres de la blockchain qui nous ont servi leurs sérénades et roucoulements au sujet de la rémunération des artistes grâce à cette technologie, mais à ce moment ils disposaient au moins de quelques arguments bancals certes mais qui pouvaient leur permettre de débattre. Ici il n’en existe aucun qui puisse tenir dans une balance. Raison pour laquelle l’appréhension par rapport au moment où ces technologies s’attaqueront à la musique a présentement explosé le plafond (elle a techniquement déjà commencé d’ailleurs). A titre personnel le malaise croissant que j’éprouve vis-à-vis de ces phénomènes ternit fortement ma vision de l’avenir, vision qui était déjà floue et polluée par suffisamment d’autres détritus. Ceci dit, la débâcle que fut la très courte « vie » du fantoche FN Meka et sa « cancellation » foudroyante m’ont appliqué un peu de baume au coeur. Ce fut d’ailleurs un exceptionnel cas d’école mettant en relief le vice et le racisme des labels. Mais qui nous dit qu’un tel phénomène ne se reproduira pas, sous des formes plus savamment dessinées et un ancrage sociologique suffisamment maquillé pour assurer sa longévité? Difficile en effet de ne pas anticiper un avenir proche dystopique en ce qui concerne le secteur artistique (et s’il n’y avait que ça!). Toujours j’entends le mot progrès, rarement je vois le progrès.

Nous avons pu entendre les derniers fruits de la période de gestation, de confrontation et d’isolement que fut la pandémie dans les innombrables albums qui sortirent en 2022. Beaucoup de bonnes choses en sont logiquement ressorties, et les récurrences sont peu étonnantes: une certaine claustrophobie micro ou macro, une reconnexion aux racines, un pressentiment eschatologique, un instinct de préservation inédit, bref en somme un très clair et majoritaire gain de conscience à la fois de soi, et du monde extérieur, mais aussi une perdition béante d’espoir, paradoxalement alliée à une pugnacité nouvelle, quasi belliqueuse. Il existe dans la critique musicale depuis des lustres ces éléments de langage poncifs lorsqu’il s’agit de décrire de nouvelles œuvres, qui saluent la progression ou la maturité nouvellement acquis de l’artiste. Cette année, on a pu le dire sans mauvaise foi ni approximation pour bon nombre de personnes, et c’est tant mieux. Ces mêmes artistes débonnaires qui ont également pu, pour le bonheur de tous, repartir en tournée, les salles ayant réouvert. Mais c’était sans compter sur la crise économique qui a frappé graduellement l’ensemble du monde et qui a provoqué notamment une hausse catastrophique des prix non seulement du carburant mais de l’énergie et d’un nombre sidérant de produits du quotidien. Conséquence? Une précarisation alarmante du modèle économique de la tournée, phénomène qui a tout bonnement fait ployer certains artistes sous sa pression, les faisant abandonner l’idée de partir sur la route, ou se restreindre à leur pays. Il faut évidemment le savoir pour le réaliser mais nous sommes encore plus chanceux qu’avant lorsque l’on peut voir des artistes au succès modéré se produire autre part que dans leur pays d’origine (exception faite ici des grosses machines et des signatures en major évidemment). Ici aussi l’avenir est lugubre et l’on ne peut qu’espérer que le marasme se tarisse finalement, puisque la musique live est une partie intégrante, et non des moindres, aussi bien du métier d’artiste que de la qualité d’auditeur. A certains égards, c’est même cette transposition en direct qui donne tout son sens à cet art. Mais enfin, Ticketmaster s’en est mis plein les fouilles avec les ventes de la tournée de Taylor Swift, ce qui a permis de mettre en lumière les commissions exorbitantes et les autres pratiques frauduleuses que les géants de l’évènementiel musical se permettent. 

HUMANS LIE…

2022 a aussi été l’année de l’avalanche, du tsunami, de l’éruption, bref de l’engloutissement. 60 000. C’était en 2021 le nombre de morceaux uploadés sur Spotify par jour, rendu public en février de cette année-là. Ce qui signifie 22 millions de morceaux sur une année. Evidemment, à l’aube de l’année 2023, ces chiffres sont à revoir à la hausse, et pas qu’un peu: Daniel Ek, le gourou de la firme suédoise, avait établi en avril 2019 que son service de streaming recevait 40 000 morceaux par jour. En 2 ans, une hausse de 50%. A la semaine, ce sont donc des centaines d’albums qui sont catapultés sur les masses grâce aux prouesses d’accessibilité des services de streaming, lors du sacrosaint rituel du vendredi (bien qu’un nombre croissant d’artistes choisisse justement de prendre les devants et de sortir leur matériel avant ce jour, pour éviter les embouteillages). Et tout le monde le ressent, en particulier ceux qui comme nous chez Gather, comme vous peut-être (sûrement même) qui lisez cet article, essaient de suivre au jour le jour les nouveautés du secteur musical. A titre personnel, c’est la première fois que j’ai autant été éprouvé par un sentiment d’impuissance, de flottement dans le courant, tout désemparé que j’ai fini par devenir face au rythme inhumain infligé par une population toujours croissante de musiciens et une productivité toujours accrue grâce à une accessibilité aux moyens de production toujours plus faciles. Là encore une fois, nul doute que l’année prochaine, le phénomène s’accroîtra encore. On pourrait effectivement se perdre en débats et conjectures quant à cet état de fait, hormis le constater et tenter de l’extrapoler ou spéculer dessus, rien à faire. On ne peut guère demander aux artistes de tempérer leur créativité, de mieux trier la musique qu’ils publient, ou de la publier avec plus de parcimonie temporelle. Ce que cela présage en revanche est un très imminent glissement, une certaine évolution des habitudes d’écoute. La capacité d’attention et la mémoire des auditeurs, déjà considérablement comprimées, et soumises à de constants réagencements, se retrouvent maintenant contraintes de composer avec une exposition toujours plus fugace aux choses. Demandez-vous combien de fois vous avez écouté votre album ou morceau préféré sorti cette année, et essayez si vous le pouvez et si vous disposez des statistiques nécessaires de comparer avec les années précédentes. Concrètement, on passe bien moins de temps avec les oeuvres desquelles on vient à s’enticher. On se risquerait presque à parler de fordisme culturel: le même phénomène se produit dans le secteur audiovisuel avec les services de streaming vidéo, Netflix en tête (n’y a-t-il que moi qui suis abasourdi du nombre de nouveaux programmes apparaissant croirait-on chaque jour sur la plateforme?). Ma période de l’année préférée est devenue la fin du mois de décembre et le début de janvier en termes de musique: temporairement libéré du joug des sorties hebdomadaires, je prends mon temps pour réécouter mes sorties favorites de l’année et celles qui l’ont précédée. Et le plaisir que j’en tire est incomparablement supérieur à celui que j’ai à m’infliger les data dumps du vendredi. 

Mais pour les artistes aussi, cette masse critique est un problème béant : il est dorénavant plus difficile que jamais de tirer son épingle du jeu. Même si un de vos morceaux frappe fort un auditeur, il y a de fortes chances pour qu’il l’oublie d’ici deux jours (dans le cas de figure où il s’agit d’un auditeur maladif comme les individus réunis ici dans cette congrégation bien sûr). Authenticité, propagande poussive, mystère à la The Weeknd, stratagèmes sur les réseaux sociaux, frasques extra-musicales, tout finit par perdre du sens ces temps-ci en termes de promotion, pour eux comme pour nous. Outre les artistes établis, il est fort possible que se produise une recrudescence de one-hit wonders à cause du modèle Tik Tok par exemple. Comment en effet lier une véritable relation avec l’auditeur, dont on ne sait plus si l’attention est rivée sur le produit artistique lui-même, sur la mystique de l’artiste, sur l’idée même d’écouter l’artiste ou le genre/sous-genre qu’il représente, ou sur sa satisfaction uniquement et indépendamment de tout le reste, maladivement, dans un état d’hébétude nerveuse sur lequel plane le spectre perfide de la FOMO et ses griffes acérées? Les boosts de sérotonine inoculés par la musique qu’on découvre et aime semblent se réduire à l’extrême, parfois on se demande même si l’on ressent encore quelque chose. Est-ce que l’appareil cognitif humain va pouvoir encaisser la dose toujours croissante de stimulis auxquels on s’expose et on est exposés, sans y opposer une réaction psychique ou chimique, par exemple de rejet, de blocage ou d’inhibition protectrice? Dans quel état se trouvera notre mémoire à nous, la génération millenial, dans 20, 30 ans (sans parler évidemment de notre appareil oculaire, qui se sera probablement désagrégé, carbonisé de fatigue par les soleils numériques, jusqu’à nous rendre malvoyants, sinon aveugles), à un tel rythme? Peut-être qu’à force de nourrir la bête qu’on a vu s’introduire subreptiscement dans l’enclos mental, elle a fini par s’enhardir et grandir suffisamment pour nous dominer. Peut-être que l’on est en train de forcer la transformation en machine, que notre esprit finira par en être le fantôme désoeuvré condamné à une existence définie uniquement par la conscience de l’échec. Peut-être qu’on est en train de tuer l’affect dans un autosabotage à demi-conscient. Ou peut-être qu’il faut juste détourner sa tête des écrans, comme le préconisait un certain porteur de chapka.

DISPOSABLE ARTS?

Bien entendu, il faut replacer ces phénomènes nouveaux dans leur contexte. Que se passe-t-il en vérité? Le XXIème siècle a vu la production culturelle être grandement facilitée et accrue, tandis que le capitalisme continuait à laisser ses sbires, consumérisme et utilitarisme, tranquillement poursuivre leur office de sape. La valeur travail est encore et toujours portée aux nues, voire même absolument vénérée par des cohortes de zélotes qui vous traiteront en hérétique si vous avez le malheur de critiquer l’église. On travaille même de plus en plus, il semblerait, c’en est exigé de nous. De fait ce travail vorace cannibalise notre temps, et ne nous en laisse que les miettes, avec lesquelles il faut bien essayer de nourrir notre âme. Mais il y en a si peu, et elles s’épuisent si vite. Evidemment que nous sommes esclaves des chiffres. Ceux du compte en banque et du bulletin de salaire, ceux du réservoir d’essence, mais surtout ceux de l’horloge du téléphone portable. Disposer de si peu pour soi, signifie donc être constamment pressé, constamment en train d’essayer d’économiser, de maximiser le temps, d’en extraire la quintessence à l’aide d’alambics mentaux de fortune, avant que le glas ne sonne et qu’il faille retourner travailler pour autrui, aller gagner suffisamment d’argent pour continuer à vivre, continuer à contribuer à la société et conserver notre statut de citoyen respectable. Toute cette économie du temps dont nous sommes donc les de facto autogestionnaires nous contraint à tout mathématiser. Peut-être est-ce en partie pour cela que les algorithmes soient devenus de si efficaces outils de travail pour les entreprises. On arguera qu’il suffit de savoir tempérer ses envies, se contenter de peu d’objets culturels mais de mieux prendre le temps de les apprécier. Nous le savons, ça. On le fera dans 20 ans, avec beaucoup de chance. Pour le moment, pour le meilleur et pour le pire, on veut (a-t-on vraiment le choix, d’une certaine manière?) ressentir tout, partout, simultanément. On a le malheur de se rendre sur n’importe quel réseau social et on voit tout le monde s’extasier et se gargariser à propos de ceci, cela, mais aussi ça, et ça aussi. Alors forcément on veut participer à la course avec les autres, évidemment qu’on veut s’y essayer à cette roue, la faire tourner et tourner et tourner jusqu’à l’épuisement, inconscients que nous sommes de l’épreuve à laquelle on assujettit notre corps et ses effets à long terme. Nous sommes humains avant tout, certes, nous sommes surtout humains après tout. Alors oui, il y a un malaise dans la culture, un que Freud n’avait assurément pas vu venir il y a de ça 100 ans. 

Toujours le nom du 4ème (ou 2ème selon comment vous comptez) album de Masta Ace me revient en tête. Disposable Arts. A l’époque, en 2001, c’est-à-dire 2 siècles auparavant, Ace s’en prenait aux jeunes rappeurs en quête avide de succès, quitte à se compromettre, et qui méprisaient leurs aînés. A l’aube de l’année 2023, on peut extrapoler la désignation d’arts jetables. La surproduction d’objets artistiques signifie-t-elle qu’au sein de cette masse, on y trouve entre autres des objets jetables, dont la durée de vie est, délibérément ou pas, limitée? Si oui, comment pourrait-on les identifier? Devrait-on effectuer une corrélation entre la fréquence de publication des artistes et la durée de vie de ces sorties? Est-ce que des musiciens comme RXK Nephew, ou Jul, figureraient parmi ceux à qui il arrive de faire de la « musique jetable »? Ou faut-il plutôt chercher dans la masse informe, difforme plutôt, des méandres des fleuves de limon du mainstream et ses branches? Est-ce que nous arrivons au moment de basculement où l’on cessera de tolérer le manque de rigueur des artistes lorsqu’il s’agit de l’écrémage de leur production, de leurs incessantes sorties? Ou bien sont-ils des artistes au fonctionnement hors-normes, évoluant dans le cas du rap au sein d’un genre lui-même renommé pour sa productivité inouïe, et faut-il plutôt considérer comme musique « jetable » les quantités de morceaux et d’albums que l’on oublie aussi vite qu’on les a écoutés tant ils manquent d’âme, d’aspérités et d’idées neuves? En effet, il nous faut prendre en compte le fait que puisque désormais n’importe qui disposant d’un ordinateur et d’un micro ainsi qu’un minimum d’acuité informatique puisse créer de la musique, et que les moyens requis pour produire et publier un album sont considérablement moindres qu’auparavant, on doive naviguer à travers tant d’objets artistiques sinon mauvais, simplement indignes d’intérêt? Mais ce serait là pure tyrannie que de rejeter des individus présumés innocents dans leur démarche, d’exiger des mesures de rigueur qui seraient ni plus ni moins que des lois, des freins à la création. On peut enfin se tourner plutôt vers la dichotomie récente entre art et contenu, qui serait tout à fait susceptible de nous renseigner sur le distinguo qu’il conviendrait d’effectuer. Prenons comme parabole le secteur de l’audiovisuel encore une fois, et les innombrables sorties polluant les Netflix, Amazon Video et consorts: sur 10 productions originales de chaque plateforme, combien valent réellement la peine et surtout le temps d’être considérées? Mais voyons, n’est-ce pas là une profonde empreinte de mépris que de présumer des goûts de chacun, que de nier le fait que la diversification démentielle de l’offre culturelle permette à tous, absolument tous, de pouvoir trouver quelque chose pouvant lui plaire? Quelle douce folie que cette existence constamment écartelée dans de cruelles considérations comme celles-ci.

3 MINUTES TO SAVE A CAREER

2022, c’était d’ailleurs aussi ce moment absurde, irréel, où le très talentueux Steve Lacy a contre toutes attentes décroché son premier n°1 au Billboard Hot 100 avec Bad Habit, en grande partie grâce à sa viralité sur Tik Tok, tout ça pour finalement vivre un enfer en tournée. Des vidéos honteuses de fans ne reprenant en coeur que le segment utilisé sur Tik Tok du morceau pour ensuite retomber dans leur hébétude sont là une excellente illustration des dérives d’un réseau social basé sur la consommation de contenu rapide et cloisonnée, sans réel affect ni effort. 2023 verra sans aucun doute l’application acquérir encore de nouvelles parts de marché, et peut-être même in fine s’imposer stablement comme le réseau social numéro 1, ce qui pousserait inévitablement toujours plus d’artistes à être contraints par leur labels, ou prendre l’initiative eux-mêmes, de formater leur musique adéquatement. Une pensée donc à toutes les Florence Welch, les Charli XCX, les FKA Twigs, de l’industrie (à la surprise générale, ce sont surtout des femmes à qui l’on demande de se la donner sur cette plateforme). Mais étonnamment ou pas, si l’on se fie aux plus gros hits de la plateforme sur l’année venant de s’évaporer, force est d’admettre que nous ne sommes pas en présence de morceaux formatés de manière évidente. Néanmoins, par mesure de prudence, mieux vaut garder un minimum de scepticisme.

MAY YOU BE F.N.F.

En parlant de la condition féminine dans la musique, il faut évidemment revenir sur le procès Megan Thee Stallion-Tory Lanez. On a suivi bon gré mal gré ce feuilleton juridique durant plus de 2 ans, et difficile de ne pas voir les parallèles malsains qu’il a partagé et partage encore à ce jour avec l’affaire Heard-Depp dans le milieu du cinéma. Dans l’un comme dans l’autre cas, on a assisté à une véritable chasse aux sorcières orchestrée par toute une ribambelle de « bloggers », youtubeurs et autres faquins incels de la pire espèce, enragés par l’idée de voir un artiste qu’ils apprécient se faire justement reprocher légalement ses exactions envers une femme. Il faut bien comprendre à quel point les campagnes de calomnies, d’insultes, de dégradations ont été intenses, viles et haineuses, à base de fake news, de détournements, d’extrapolations et d’affabulations. Si dorénavant chaque procès impliquant des figures publiques hautement médiatisées, l’une masculine, l’autre féminine, déchaînent à ce point les passions et surtout les vices honteux de toute une frange de la population en ligne, il faut se poser les bonnes questions. En premier lieu: pourquoi tant d’acharnement envers des femmes qui ont la simple audace de demander justice pour les sévices qu’elles ont subi? Pourquoi ces messieurs prennent-ils si personnellement des attaques qui concernent un autre de leur congénère? Mais voilà, plus encore que les cohortes d’internautes mysogines, ce sont bel et bien les pseudo-médias faisant leur affaire sur ces procès qui sont les ennemis, les parasites principaux. Ils ont pris un atroce plaisir à attiser les flammes de la haine, à orienter l’information à leur convenance pour faire leurs petits chiffres, se créer une audience qui leur ressemble, et nul doute qu’ils parviendront à subsister par la suite grâce à ces instrumentalisations. Toujours est-il qu’il faut croire qu’il y a quand même un semblant de justice, et c’est le 24 décembre que le verdict est tombé: Tory Lanez a été déclaré coupable des charges qui pesaient sur lui, à savoir port d’arme non-autorisé et agression avec une arme semi-automatique. La peine sera prononcée le 27 janvier 2023. Il encourt jusqu’à 20 ans de prison. Maintenant, il faut bien comprendre la charge mentale qu’aura représenté une affaire aussi semée d’embûches et autant parasitée par les médias pour Megan Pete, qui a dû faire face justement à tous les zélotes virilistes et leur rhétorique sexiste pendant tout ce temps. Si sa carrière semble ne pas avoir trop subi le contrecoup d’une procédure légale si pénible, son équilibre psychologique a probablement été fragilisé. Ce besoin malsain qu’a la populace ignarde de dresser son simulacre de tribunal public à chaque occasion, laissant libre cours à tant de déviances exposées dans la théorie de la psychologie des masses, de toujours, toujours vouloir se mêler de ce qu’elle ne veut pas comprendre et dont elle n’a pas tous les éléments pour l’appréhender, est purement maladif, si terriblement humain. Et Drake de s’amuser à envoyer des piques à Megan (et Ice Spice) sur certains morceaux de Her Loss. Les vannes s’écrivent d’elles-mêmes. S’il s’agit ici d’un évènement extra-musical, je vous fais confiance pour en comprendre l’importance et l’impact sur tout un genre et toute une industrie par extension. D’autant que c’est à la fois un symptôme et une illustration de phénomènes sociétaux au sens large déjà abondamment décriés car notoires.

Mais enfin, fort heureusement, pour contrebalancer cette pestilence ambiante, les dames du rap ont particulièrement dominé l’année, et de quelle manière! New-York nous a encore une fois donné un hit avec Munch (Feelin You) d’Ice Spice, qui a enflammé la toile autant pour son caractère infectieux et espiègle que par son timing idéal. De là à dire que l’on a assisté là à la naissance d’une star comme Cardi B il y a quelques années, il y a un pas, et il faudra voir comment elle négocie son année 2023. Du côté du Tennessee, GloRilla a quant à elle réalisé un run sans faute, qui a commencé avec FNF en avril, suivi de Tomorrow 2 avec justement Cardi B en septembre, avec une signature sur CMG entre les deux, et enfin la sortie de son excellent EP, Anyways, Life’s Great. GloRilla a largement ce qu’il faut pour devenir un pilier du rap de Memphis. Ce revival crunk initié par Duke Deuce a trouvé sa contrepartie féminine et c’est un grand plaisir pour les auditeurs nostalgiques de cette tendance. Latto a engrangé les succès commerciaux et les reconnaissances tout au long de l’année, qui s’est conclue pour elle avec le titre de Top New Artist 2022 de Billboard. Même cette vieille aigrie mariée à un délinquant sexuel de Nicki Minaj a réussi à obtenir un hit avec Super Freaky Girl, c’est dire. Enfin, TDE s’est peut-être trouvé une nouvelle star en puissance en la personne de Doechii, qui si elle ne s’est pas encore tout à fait imposée avec son EP, démontre un grand potentiel, un charisme indéboulonnable et une claire volonté de continuer à grimper. 

En guise de clôture à l’année on a quand même eu la satisfaction de voir le virilodélinquant aux multiples cercles de trafic sexuel Andrew Tate se faire coffrer comme l’énorme abruti qu’il est après avoir vainement tenté d’emmerder Greta Thunberg. Et bien qu’il eut été révélé peu après que ce n’était pas grâce à l’exhibition de la fameuse boîte à pizza, qui sommes-nous pour nier ce qui ne peut être une simple coïncidence? Allons bon.

ON FAUX NEM

« Rappers die too much. That’s it, that’s the verse« . Tel est le premier couplet de l’ultime morceau de Drill Music in Zion, l’excellent 8ème album de Lupe Fiasco sorti cette année. Plus loin, il se corrige pour plus d’exactitude: « Rappers get shot too much« . Une des traditions les plus anciennes du genre. Après la terrible année 2021 qui a vu Young Dolph se faire abattre dans sa ville de Memphis et Drakeo poignardé à mort à un festival de L.A., 2022 a elle aussi été particulièrement meurtrière: Snootie Wild, Trouble, PnB Rock, Takeoff notamment. Puis ceux qui n’ont pas été tués mais ont souffert de problèmes liés de près ou de loin aux drogues, tels Lil Keed, Big Scarr, Tame One, et la légende la Three 6 Mafia, Gangsta Boo, ce 1er janvier 2023. Les augures sont donc radieux pour cette nouvelle année. Au cours de l’interlude suivant son second couplet, Lupe se reprend à nouveau, soulignant l’hypocrisie de tout un genre. Bien qu’il soit évident qu’il y ait de l’hypocrisie là-dedans, il serait trop réducteur de ne pas voir plus loin. Il reste malgré ce constat difficile de reprocher à toute une frange de rappeurs leurs thématiques violentes – qu’il est possible d’interpréter simplement comme des apologies, banalisations de telles ou telles pratiques – puisque, qu’on veuille ou non l’admettre, chaque être humain correctement constitué est conscient. Conscient de son environnement, de sa personne, de ses pratiques. C’est le degré de conscience qui varie. Toujours est-il que toute discourse autour du rap « conscient » est plus que jamais exaspérante, et sert surtout à certains artistes comme à certains auditeurs à se contempler le cervelat en pâmoison, une certaine forme de purisme dont le mépris pour les rappeurs « bêtes et méchants » tire l’image du genre lui-même vers le bas. Il serait temps d’essayer, ne serait-ce qu’essayer, de réellement considérer les raisons pour lesquelles la drill, par exemple, est née. Va-t-on demander à des gamins grandissant dans certains des quartiers les plus meurtriers de Chicago et des Etats-Unis entiers de nous raconter des comptines à la I Can de Nas? Les commentaires sociaux décelables dans les textes de ces rappeurs valent toujours mieux que de l’onanisme pseudo-lyrique en multisyllabiques des cohortes de backpack rappers qu’on trouve encore et toujours à la pelle. Lupe Fiasco fait ici figure d’exception, comme il l’a toujours été, et ses commentaires à lui sont généralement loin de sonner creux, simplement parfois comme bien d’autres il s’arrête avant d’avoir terminé sa réflexion. Ce qui n’enlève rien à ce que son propos souligne en premier lieu, qu’on se le dise.

Facts, I wish that they was lyin in they raps

How does that transpire,

To be so damned by God that you want your friends to be goddamn liars?

L’affaire juridique musicale de l’année, le dossier YSL, a fait couler beaucoup d’encre. Assurément, en rétrospective, du fait de l’usage intensif des lyrics de Young Thug et ses acolytes effectué au tribunal, on aurait souhaité qu’ils mentent. On aurait surtout souhaité qu’une telle pratique judiciaire soit interdite. Pourtant, le dossier monté par l’équipe juridique du comté de Géorgie est accablant, et même s’il est indéniable qu’il y ait une vendetta vis-à-vis du label et particulièrement de Jeffery Williams, comment peut-on ignorer les noms des victimes qui y sont inscrits? Puis viennent les innombrables débats publics en ligne des internautes, les mêmes blogs infâmes et affamés de gossip qui couvraient le procès Tory Lanez-Megan thee Stallion, les nouveaux tabloïds, qui prennent un malin plaisir à mésinterpréter, diffamer, bref faire leurs vues dessus. Toujours est-il qu’au moment où sont dactylographiés ces signes, les chances pour que Young Thug n’écope pas d’une peine à deux chiffres sont extrêmement faibles. Peut-être qu’il est tout simplement impossible de ne pas s’intéresser au rap, en écouter, en pratiquer, en vivre, sans être constamment transpercé de dissonances cognitives. Ou peut-être que c’est juste une position hypocrite, comme Lupe l’a dit, qu’on finit par intérioriser, bon gré mal gré.

If I say I didn’t indulge, my pants would be on goddamn fire

‘Cause I’m part of the problem

Dans l’éventualité où Young Thug serait effectivement mis à l’ombre pour une peine d’un montant ridicule comme seuls ces abrutis d’américains assignent, il est fort possible que 300/Atlantic prenne l’initiative de mettre au point des projets assemblés depuis les archives infinies de l’artiste, comme trop souvent les labels ont cette satanée habitude de monétiser les tragédies. Il se peut au contraire que Thug soit à l’origine de cette initiative, inspiré par l’exemple de son mentor Radric Davis. Mais les fans n’ont pas forcément besoin de ça pour obtenir de sa musique à satiété. Cette année 2022 a vu plus de 130 morceaux solo ou en featuring de Thug leaker sur la toile, un chiffre rarement atteint. Mais là où lui est un habitué du phénomène, cette année, un nombre exceptionnel d’artistes ont été les victimes de leakers particulièrement vicieux. On a vu des coffre-forts entiers être vidés sur des forums: 172 morceaux de Young Nudy, 120 de Yung Fazo, 80 de Sahbabii, 700 (oui oui) de Warhol.SS, 200 de Thouxanbanfauni, 116 de Slimesito, 34 de UnoTheActivist, un album entier presque prêt à être publié de Lil Yachty, etc… Ça c’est pour les vidanges d’une traite. On a également vu des leakers publier plus de 100 leaks de divers artistes d’une seule traite également (les habitués comme Lucki, Future, Uzi, Carti…). La sous-culture englobant les phénomènes d’obtention et de diffusion de leaks, snippets, et le marché régissant le tout est devenu un léviathan sous-terrain ces dernières années, bien loin et bien plus dangereux encore que les très ponctuels incidents des décennies précédentes (I Am…, Carter III par exemple). On ne parle plus seulement ici du bouleversement de sorties d’album, mais bien d’éviscérations de discographies entières paisiblement stockées en attendant d’être formatées. Là aussi, on croit sentir poindre dans notre crâne une dissonance cognitive, la convoitise aux prises avec l’empathie, l’indignation et la culpabilité. « C’était commode avant mais maintenant ça devient malsain » grincé avec une gêne apparente.

Voilà certaines des impressions qui m’ont accompagné durant cette année. Si elles n’ont rien de neuves en soi pour la plupart, je n’ai pu m’empêcher d’en être plus particulièrement affecté qu’au cours des années précédentes, une sorte d’inquiétude lancinante drapant mon ombre numérique. Certaines d’entre elles vous feront peut-être l’effet d’un « on vit dans une société… », effet qu’il m’est évidemment impossible de nier, ceci dit il m’est tout aussi impossible de nier l’impact qu’elles ont eu sur ma vision des choses. Fort heureusement ça ne m’a pas pour autant empêché d’apprécier toutes sortes de choses, je suppose qu’il m’est simplement devenu impossible d’ignorer, de refouler ou de transférer ces sentiments comme l’insouciance de ma prime jeunesse me le permettait.

Si vous avez tenu jusqu’ici, bravo à vous, vous avez bien mérité un bon vieux top 15 des albums (sans ordre) que j’ai préféré cette année, puisque c’était ce que vous veniez chercher en premier lieu en cliquant, bande de misérables faquins:

  • Asake – Mr. Money with the Vibe [Afrobeats/Amapiano – Nigéria]
  • Jeezy & DJ Drama – Snofall [Rap – USA]
  • Sudan Archives – Natural Brown Prom Queen [R&B/Pop – USA]
  • Pongo – Sakidila [Kuduro – Angola]
  • Lupe Fiasco – Drill Music in Zion [Rap – USA]
  • Alex G – God Bless the Animals [Folk/Baroque Pop – USA]
  • Grandamme – Holy Mountain [Chamber Pop – UK]
  • Alexisonfire – Otherness [Post-Hardcore – USA]
  • French Montana – Montega [Rap – USA]
  • Soul Glo – Diaspora Problems [Hardcore – USA]
  • Todrick Hall – Algorhythm [Pop – USA]
  • EST GEE & 42 Dugg – Last Ones Left [Rap – USA]
  • Hikaru Utada – BAD [Pop/Electro – Japon]
  • MOTHERMARY – I Am Your God [Synth/Electro Pop – USA]
  • Acloudyskye – What Do You Want! [Emo/Bass – USA]

+ quelques remarques en vrac:

  • Hold the Girl de Rina Sawayama est une des grosses déceptions pop de l’année.
  • La domination infernale de Beyoncé sur toutes les listes, bilans, awards et autres est d’autant plus agaçante que c’était couru d’avance, Renaissance était déjà avant même sa sortie l’album de l’année pour une masse énorme de gens de l’industrie.
  • Un autre album qui a dominé les tops de fin d’année, Blue Rev d’Alvvays, ne m’a également fait ni chaud ni froid et je subodore là un énième complot du lobby indie-rock de Pitchfork.
  • Fred Again.. est assurément un des phénomènes de ces 3 dernières années, le héraut dance de la pandémie, qui a su faire bouger les corps et réchauffer les coeurs grâce à sa musique, mais il a échoué à conclure sa trilogie Actual Life correctement. Cependant elle est close et c’est tant mieux, car on sent que cette identité si particulièrement liée à ces albums avait fini par l’emprisonner. Reste à voir comment il va se renouveler à l’occasion de son album commun avec Brian Eno.
  • La résurgence de Panda Bear en 2022, qui a culminé avec Step by Step de Braxe et Falcon, a été très plaisante à voir pour un musicien aussi absurdement talentueux.
  • CEO Trayle et Certified Trapper sont parmi les plus grandes révélations rap de l’année.
  • Je retiens encore un soupir de soulagement qui ne demande qu’à sortir en attendant d’avoir la certitude que Nas en a fini de travailler avec Hit-Boy, mais il est temps qu’il aille toquer à d’autres portes plus hospitalières à son style.
  • Qui aurait cru qu’il allait falloir remercier Tyler, the Creator pour la réaffirmation de DJ Drama en tant que go-to partenaire pour balancer des excellents albums/mixtapes servant de retour aux sources, sans concessions ni fard? KEEP GOIN (DJ Khaled voice)
  • James le Courageux, Boldy James, le MVP rap de l’année, mais ça je pense que vous le saviez déjà. Et il se peut que son album avec les prods de J Dilla soit quelque chose de très, très grand. Pour ce qui est en revanche de celui de Logic, deux questions: qui a eu l’idée épouvantable de donner une telle ambroisie à un si infâme pourceau? Est-il possible d’instituer une loi punissant les crimes contre l’humanité dans la musique?
  • Un nouveau microgenre du savant nom de countrygaze (country + shoegaze pour les mauvais en mathématiques sémantiques) m’a beaucoup fasciné ces derniers mois et il me tarde de le voir porter des fruits bien mûrs. Pour en avoir un aperçu, c’est ici, here, aqui, kochira.

Article écrit par Hugo.

(Crédit visuel bannière : Paul Rousselet / Sinmoteur)

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